Pollution numérique : qu'est-ce que c'est comment la réduire en entreprise ?


La pollution numérique qu’est-ce que c’est ?

L’email : exemple d’une pollution plus importante qu’on ne le pense

Quels gestes adopter en entreprise pour réduire la pollution numérique ?


La pollution numérique est un phénomène qui nous concerne tous. Désormais, notre planète compte 7,83 milliards d’habitants dont 4,66 milliards sont connectés. C’est 60% de la population mondiale qui peut ainsi échanger sur la toile.


Regarder une vidéo, sauvegarder vos fichiers sur un drive, appeler un ami en visio… Et si sans le savoir ces gestes que vous réalisez au quotidien entraînaient une pollution invisible, mais dévastatrice ? Car si cette avancée technologique nous apporte de nombreux avantages, elle n’est pas sans conséquence sur le plan écologique : gaz à effet de serre, pollution chimique, production de déchets…


C’est ce que l’on appelle la pollution numérique, et nous y participons tous, chaque jour. Mais qu’est-ce que la pollution numérique concrètement ? Et surtout quels gestes adopter en entreprise pour la réduire ? On vous explique tout.


La pollution numérique qu’est-ce que c’est ?

La pollution numérique n’est pas forcément facile à percevoir. Ce n’est pas un nuage de particules fines qui s’amasse au-dessus de nos têtes ou une plage paradisiaque recouverte de déchets plastiques, pourtant elle est présente quotidiennement.


Lorsque vous utilisez votre ordinateur, votre smartphone ou n’importe quel objet connecté, vous polluez. La pollution numérique désigne tous les impacts négatifs causés par les nouvelles technologies sur notre environnement. Elles se classent principalement en 3 grandes catégories : la production, l’utilisation et le recyclage.


1. L’impact lié à la fabrication

C’est lors de sa production, qu’un appareil électronique pollue le plus. On estime que 80% de la pollution numérique est liée à la fabrication du matériel. Par exemple, un ordinateur de 2 kilos nécessite 22 kilos de produits chimiques, 240 kilos de combustibles et 1,5 tonne d’eau claire. Et ceci sans compter les dégâts sur l’environnement ainsi que l’impact humain lié aux conditions de travail, de l’activité minière jusqu’aux usines de production.


2. L’utilisation

Malheureusement, la pollution numérique ne s’arrête pas là. Utiliser les nouvelles technologies pollue quotidiennement. Alors même que nous pensions qu’elle pourrait être la clé sur le plan écologique, en réduisant par exemple notre consommation de papier, c’est l’inverse qui se produit.


Les nouvelles technologies consomment environ 10% de l’électricité mondiale, ce qui en fait le 3e consommateur derrière la Chine et les États-Unis L’utilisation de ces nouvelles technologies participent aux émissions de CO2. Environ 4% des émissions de gaz à effet de serre sont dues au numérique. C’est 1.5 fois plus que le transport aérien.


3. La fin de vie des équipements

La majorité des appareils électroniques en fin de vie sont exportés vers la Chine, l’Inde ou l’Afrique où ils sont tout simplement enfouis.


On retrouve plus de 70 matériaux dans la composition d’un téléphone portable : du plastique, du cuivre, du lithium, du verre, du fer, de l’or, de l’argent, du platine, du palladium, mais aussi ce que l’on appelle des terres rares, europium, yttrium, terbium, gallium, tungstène, indium, tantale... Cette composition complexe, tout comme la manière dont ils sont conçus, rend ces appareils très difficiles à recycler.


Ainsi, un rapport de l’ONU de 2013 estimait que 75 % des déchets électroniques échappent au recyclage.

pollution-numerique-chiffres

L’email : exemple d’une pollution plus importante qu’on ne le pense


Comment imaginer qu’un simple email puisse polluer ? Pourtant son utilisation n’est pas sans conséquence pour l’environnement. Un email comportant une pièce jointe d’1 Mo émet 19 g de CO2.


Certes, ce n’est rien au milieu des 32,84 milliards de tonnes de CO2 produites chaque année. Mais ce sont plus de 300 milliards d’emails qui sont envoyés chaque jour à travers le monde, dont 1,4 milliard rien qu’en France. Le pire dans tout ça, c’est que 75% de ces emails sont des spams et 60% ne sont même jamais ouverts.


Les boîtes mail sont ainsi saturées de centaines, parfois même de milliers de messages qui polluent, faute d’être lus. Ils sont stockés sur des data centers qui consomment énormément d’énergie (1,5% de la consommation électrique mondiale) et rejettent du CO2 (2% des émissions de gaz à effet de serre sur la planète).


Il est bien évidemment possible de réduire l'empreinte carbone de ses mails.


Quels gestes adopter en entreprise pour réduire la pollution numérique ?


Beaucoup de chiffres et d’informations ! Mais le plus important pour réduire cette pollution numérique, c’est d’agir ! Et cela commence en entreprise.


Désormais, la plupart des salariés utilisent un ordinateur, une tablette, un smartphone, une imprimante, une photocopieuse… Il faut prendre conscience de l’impact de ces appareils et de la manière dont ils polluent notre environnement, afin d’adopter les bons gestes.


1. Faire le ménage dans ses emails

On vous le disait, les mails polluent bien plus qu’on ne le pense. Pour limiter votre impact, envoyez-les avec parcimonie. Évitez de mettre tout votre service en copie ou d’envoyer des pièces jointes inutiles.


Ensuite, il est important de supprimer les mails inutiles, lus et non lus. Faites le tri parmi les spams et les newsletters. En plus d’être écologique, vous y gagnerez en clarté. Le site Cleanfox.io vous permet de vous désabonner des newsletters facilement.


2. Être minimaliste avec la technologie

On estime aujourd’hui à 30 milliards le nombre d’objets connectés et ce chiffre augmente de 20% chaque année. Mais avez-vous réellement besoin de cette gourde connectée ? Ou de cet assistant vocal pour mettre de la musique ? Bien sûr, la technologie peut réduire notre pollution, comme le système de chauffage ou d’éclairage connecté. Ayez juste conscience que tous ces appareils consomment de l’énergie quotidiennement, en plus de la pollution liée à la fabrication et au recyclage. Veillez aussi à éteindre ces objets lorsqu’ils ne sont pas utilisés.


Il ne faut pas non plus remplacer trop souvent les appareils électroniques. Selon l’ADEME “passer de 2 à 4 ans d’usage pour une tablette ou un ordinateur améliore de 50% son bilan environnemental ». Conservez-les le plus longtemps possible, faites-les réparer et donnez-leur une seconde vie en les revendant ou en les donnant à une association !


De la même manière, il n’est pas toujours nécessaire d’acheter un objet neuf. Pensez à la location ou aux produits d’occasion.


3. Stocker intelligemment

Comme les mails, les données doivent être stockées de manière intelligente. Inutile de tout garder ou de tout conserver sur le cloud. Stocker les données que vous utilisez quotidiennement sur votre ordinateur ou sur un disque dur externe, afin d’éviter les allers-retours avec les serveurs.


Quoi qu’il en soit, la pollution numérique est un sujet d’avenir pour les entreprises. La RSE prend de plus en plus d’ampleur et notre société évolue d’un système basé sur la performance à un système de performance globale, comprenant notamment l’impact sur l’environnement.


73% des Français n’ont pas conscience de la notion d’écologie digitale. Il est donc important de sensibiliser vos collaborateurs, en leur apportant l’information nécessaire, mais aussi des solutions pour lutter contre la pollution numérique.



Sources :

https://www.greenpeace.fr/la-pollution-numerique/?codespec=7013V000000LMzk&utm_medium=grant&gclid=EAIaIQobChMI0dnpwM3b8wIVgRkGAB3tvwEYEAAYASAAEgKgoPD_BwE
https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-21-septembre-2021
https://www.novethic.fr/lexique/detail/pollution-numerique.html
https://www.grizzlead.com/lincroyable-impact-de-la-pollution-numerique-et-les-bonnes-pratiques-a-adopter-tres-vite/#note3
https://www.e-works.fr/blog/chiffres-internet-france-monde-2021/
https://mondedumail.com/nombre-de-mails-envoyes-par-jour/
https://www.forbes.com/sites/gilpress/2016/09/02/internet-of-things-by-the-numbers-what-new-surveys-found/#2b50369016a0
https://blog.recommerce.com/green-circle/reconditionne/composants/