Comment mettre en place une démarche RSE en entreprise ?

La mise en place d’une démarche RSE apporte beaucoup à l’entreprise, notamment en termes de réputation. Elle demande aussi, il faut le reconnaître, un investissement conséquent et le respect d’une méthodologie rigoureuse.

Qu’est-ce que la RSE ?

Notion apparue dans les années 50, la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) a été précisément définie par la Commission européenne, en 2011, comme la responsabilité qu’ont les entreprises vis -à-vis des effets de leurs activités sur la société. Cette responsabilité inclut une large dimension environnementale, c’est pourquoi les domaines de responsabilité compris dans la RSE coïncident avec les piliers du développement durable.


D’un point de vue réglementaire, une série de mesures marque l’histoire de la RSE en France, à commencer par la loi NRE de 2001 qui impose aux grands groupes cotés un reporting annuel social et environnemental. Les lois Grenelle 1 et 2 ont ensuite étendu cette obligation de transparence aux entreprises non cotées de plus de 500 salariés. En 2017, la loi sur le Devoir de Vigilance incite les entreprises de plus de 5000 salariés au respect des droits humains et des droits du travail, tout particulièrement à l’international, à travers la publication d’un plan de vigilance destiné à prévenir les risques liés à l’environnement, à la corruption et aux droits humains. Enfin, plusieurs articles de la loi PACTE de 2019 renforcent encore la RSE, notamment l’article 1833 du Code Civil impliquant que l’objet social de toute entreprise intègre également la considération des enjeux environnementaux et sociaux.


L’aspect réglementaire de la RSE vise surtout une obligation de transparence de la part des entreprises, et non des objectifs précis de performance. La mise en place d’une RSE relève donc à ce jour tout à la fois d’une stratégie commerciale et d’un positionnement éthique.

Quels sont les 3 piliers de la RSE ?

En tant qu’engagement volontaire d’une entreprise en faveur du développement durable, la RSE implique l’intégration dans la politique, les activités et les relations de l’entreprise de préoccupations de trois ordres : social, économique et environnemental. Ces trois piliers sur lesquels repose la RSE découlent directement des ODD (objectifs de développement durables) établis par les Nations Unies. Toute stratégie RSE inclut donc :

  • Une dimension sociale ou sociétale : à travers le respect des droits humains, la non-discrimination, l’égalité des chances, la diversité, la santé et la sécurité au travail, ou encore la formation.

  • Une dimension économique : à travers un soutien aux économies locales, une tarification équitable, un niveau de services élevé.

  • Une dimension environnementale : dans une démarche de réduction des déchets et des émissions de gaz à effet de serre (GES), du recours aux énergies renouvelables, d’une gestion durable des ressources naturelles. L’engagement environnemental des entreprises peut notamment passer par la mise en place d’un PDME (Plan de Mobilité Employeur).

Pourquoi mettre en place une démarche RSE dans son entreprise ?

Si elle n’est pas rendue strictement obligatoire par la loi, la Responsabilité Sociale des Entreprises est devenue cruciale pour l’image des groupes et marques. De plus en plus, la RSE peut avoir un impact sur les performances commerciales des entreprises, sur leurs relations d’affaires et sur leur capacité à attirer des investisseurs.

La stratégie RSE d’une entreprise peut fortement influer sa réputation. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux préoccupations environnementales et éthiques, n’hésitant pas à privilégier les marques vertueuses et à user au contraire du boycott contre une entreprise pointée du doigt par les médias pour ses mauvaises pratiques ou pour ses manquements au droit du travail et à la responsabilité environnementale.

Une pression croissante est également exercée sur les marchés financiers pour l’inclusion des préoccupations environnementales et éthiques dans les stratégies centrales des conseils d’administration des grands groupes. Aujourd’hui, développer des objectifs environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance (ESG) est une manière pour les entreprises cotées de gagner des points auprès des actionnaires.

Structurer sa démarche RSE via la norme ISO 26000

La norme ISO 26000 définit les lignes directrices du développement durable et de la RSE au niveau international. Élaborée durant plusieurs années par une centaine de pays, elle est votée en 2010 et sert désormais de référence pour la mise en place d’une stratégie RSE dans les organisations et entreprises de toutes tailles. La norme ISO 26000 définit la responsabilité sociétale à travers 7 axes de réflexion et d’action :

  • La gouvernance de l’entreprise

  • Le respect des droits humains

  • Les conditions de travail

  • La maîtrise de l’impact environnemental

  • La lutte contre la corruption et la concurrence déloyale

  • Le respect des consommateurs

  • L’implication dans les territoires et auprès des communautés locales.

Si la norme ISO 26000 ne donne pas lieu à une certification, il est possible pour les entreprises de valoriser leur démarche à travers un label RSE qui s’appuie sur les critères de cette norme internationale. C’est notamment le cas du label Afnor Engagé RSE, du label Positive WorkPlace ou du label Lucie.

Comment mettre en place une démarche RSE en 5 étapes ?

Nommer un référent RSE

Désigner un responsable dédié à la démarche RSE de l’entreprise est la meilleure manière d’optimiser votre stratégie RSE. Selon la taille de l’entreprise, il peut s’agir d’un département dédié, sous la supervision d’un responsable RSE. Il est aussi possible de faire le choix de l’externalisation. En interne, le réfèrent RSE suggère des mesures adaptées, veille à la mise en place des actions prévues dans la stratégie RSE et motive les équipes.

Identifier les parties prenantes

Réaliser une cartographie des parties prenantes permet d’intégrer les acteurs essentiels de la vie de l’entreprise à la démarche RSE. Internes ou externes à l’entreprise, les parties prenantes peuvent être les dirigeants et salariés, les actionnaires, les syndicats, mais aussi les fournisseurs, clients, États, collectivités territoriales ou ONG. Identifier leurs attentes permet de mieux orienter sa stratégie RSE.

Réaliser un audit RSE

Toute démarche RSE doit se construire sur un audit détaillé, qui permettra de mesurer l’impact environnemental et sociétal de l’entreprise, de définir les enjeux stratégiques, d’envisager les actions à mettre en place, d’évaluer les ressources humaines, financières et matérielles à disposition.

Définir un plan d’action

Pour le bon déroulement d’une stratégie RSE, il est essentiel d’établir un plan d’action. Il s’agit de définir et de hiérarchiser les objectifs et actions concrètes à mener sur le plan social comme environnemental.

Engager et former ses collaborateurs

L’implication et la motivation des salariés est un facteur crucial de réussite et de pérennité de toute démarche RSE. Sensibiliser et former les collaborateurs est donc une étape incontournable d’un plan d’action RSE.

En conclusion

Si les entreprises de petite et moyenne taille sont désormais elles aussi impliquées dans le développement durable et dans les exigences de transparence vis-à-vis de leur responsabilité sociétale et environnementale, trop peu d’entre elles ont adopté une démarche RSE véritablement structurée. Or, seul un processus rigoureux permet de mettre en place une stratégie RSE pérenne et donc de prétendre à la labellisation.