En 2026, le bilan carbone entreprise est passé du statut d'engagement volontaire à celui d'obligation stratégique. Avec la généralisation de la directive CSRD, mesurer son empreinte carbone (Scopes 1, 2 et 3) est devenu le passage obligé pour garantir sa conformité légale et son accès aux financements.
Qu'est-ce qu'un bilan carbone ? C'est un diagnostic qui quantifie les émissions de gaz à effet de serre d'une organisation en tonnes équivalent CO2 (CO2e). L'objectif : identifier vos postes les plus émetteurs pour piloter une trajectoire de décarbonation rentable et auditable.
Qu'est-ce qu'un bilan carbone ?
Le terme "bilan carbone" est avant tout une méthodologie, le Bilan Carbone®, élaborée par l'ingénieur spécialisé en énergie-climat Jean-Marc Jancovici pour le compte de l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Depuis 2004, cette méthodologie se présente comme un outil permettant de quantifier les émissions de gaz à effet de serre (GES) imputables aux activités d'une entreprise ou d'une organisation.
Elle revêt une importance capitale, notamment en réponse aux exigences réglementaires fixées par l'article 75 de la loi Grenelle II. Le bilan carbone vise à établir la comptabilité carbone d'une entreprise en vue d'adopter une stratégie climatique ambitieuse. Il a pour finalité de concevoir un plan d'action précis, chiffré en termes de réduction des émissions de GES ainsi que des investissements financiers nécessaires pour y parvenir.
Au-delà de la marque déposée Bilan Carbone®, le terme "bilan carbone" est aujourd'hui communément utilisé pour désigner toute démarche visant à évaluer et quantifier les émissions de CO2 d'une entité.
Pour quelles raisons réaliser un bilan carbone entreprise ?
Se conformer à la réglementation
La loi Grenelle II impose aux entreprises françaises de plus de 500 salariés de réaliser un bilan carbone tous les 4 ans. La directive CSRD impose aux entreprises de l'Union Européenne de plus de 250 salariés la publication d'un reporting extra-financier à compter du 1er janvier 2025. Le respect de ces réglementations est essentiel pour éviter des sanctions et des dommages à la réputation de l'entreprise.
Améliorer son image de marque
Les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales et attendent des entreprises qu'elles s'engagent concrètement dans la lutte contre le changement climatique. La réalisation d'un bilan carbone permet de communiquer de manière transparente sur ses engagements RSE et d'améliorer son image de marque.
Sensibiliser et impliquer ses collaborateurs
Selon une étude de l'Unédic parue en avril 2023, 84 % des actifs français souhaitent que leur travail soit en adéquation avec le défi climatique. La démarche bilan carbone est un vecteur concret de mobilisation interne.
Diminuer ses coûts et gagner en compétitivité
Le bilan carbone permet d'identifier les sources d'émissions de GES et de mettre en place des mesures pour les réduire : baisse de la facture énergétique, réduction des coûts liés aux déchets et aux achats, optimisation des process.
Mieux gérer ses risques et anticiper les changements
Le changement climatique est un risque opérationnel et réglementaire. Le bilan carbone permet d'anticiper les évolutions normatives et d'adapter la stratégie en conséquence.
Quelles entreprises doivent réaliser un bilan carbone ?
En France, toutes les entreprises de plus de 500 salariés en métropole (250 en outre-mer) ainsi que les collectivités de plus de 50 000 habitants doivent, depuis 2012, réaliser un bilan d'émissions de gaz à effet de serre (BEGES) sur les Scopes 1, 2 et 3 : renouvelé tous les quatre ans. Le BEGES doit être publié sur la plateforme de l'ADEME et accompagné d'un plan d'action. À défaut, l'amende peut atteindre 50 000 € (100 000 € en cas de récidive).
Depuis janvier 2023, suite au décret de juillet 2022, le Scope 3 est obligatoire pour toutes les entreprises soumises au BEGES réglementaire.
De façon indirecte, de nombreuses entreprises sont invitées à mesurer leur empreinte carbone pour répondre à des marchés publics ou aux exigences d'investisseurs institutionnels (article 173 de la loi de transition énergétique de 2015).
BEGES, GHG Protocol, ISO 14064, Bilan Carbone® : quelle méthode choisir ?
Quatre référentiels structurent le marché. Ils sont complémentaires mais répondent à des besoins différents.
Méthode | Portée | Obligatoire ? | Vérification tierce
BEGES (loi Grenelle II) | France : >500 salariés | Oui, tous les 4 ans | Non obligatoire
GHG Protocol | International : Scopes 1/2/3 | Non (mais référence mondiale) | Recommandée
ISO 14064 | International : certifiable | Non (sauf contrat ou appel d'offres) | Oui, par tierce partie
Bilan Carbone® ADEME | France : méthodologie ADEME | Non | Non
BEGES : obligation légale française, publiée sur la plateforme ADEME. Couvre les Scopes 1, 2 et depuis 2023 le Scope 3 (pour les entreprises concernées). Format standardisé, pas de certification externe requise.
GHG Protocol : référentiel mondial publié par le World Resources Institute et le World Business Council for Sustainable Development. Base de la plupart des méthodologies sectorielles (SBTi, CSRD/ESRS E1). Trois protocoles : Corporate Standard, Scope 2 Guidance, Corporate Value Chain (Scope 3).
ISO 14064 : norme internationale certifiable en trois parties (inventaire GES de l'organisation, projet de réduction, vérification et validation). Pertinente si votre entreprise répond à des appels d'offres internationaux ou cherche une crédibilité tierce.
Bilan Carbone® ADEME : méthodologie propriétaire, robuste sur le Scope 3 amont. Utilisée par de nombreux cabinets de conseil en France. Requiert une formation ADEME pour les praticiens.
Pour la majorité des ETI françaises, la combinaison BEGES (obligation légale) + GHG Protocol (alignement CSRD) est le choix le plus pragmatique.
Comment réaliser un bilan carbone : le guide étape par étape
Étape 1 : Définir le périmètre
Le périmètre est la décision la plus structurante du bilan. Une erreur ici fausse l'ensemble des résultats.
Périmètre organisationnel : quelles entités légales, filiales, sites sont inclus ? Deux approches existent selon le GHG Protocol : le contrôle opérationnel (vous incluez ce que vous contrôlez) ou la part du capital (proportionnel à votre participation). Pour un groupe, le contrôle opérationnel est généralement retenu.
Périmètre opérationnel : quels Scopes ?
- Scope 1 : combustion directe (gaz, fioul, véhicules de flotte), procédés industriels, émissions fugitives.
- Scope 2 : électricité et chaleur achetées.
- Scope 3 amont : achats de biens et services, déplacements professionnels, fret entrant, immobilisations.
- Scope 3 aval : utilisation des produits vendus, fin de vie, franchise, investissements.
Piège fréquent : exclure le Scope 3 pour "simplifier" alors qu'il représente en moyenne 70 à 80 % des émissions d'une entreprise de services. Un bilan Scope 1+2 uniquement donne une image trompeuse.
Périmètre temporel : une année civile ou un exercice fiscal. Choisir une année de référence stable (pas une année COVID ou de restructuration majeure) pour garantir la comparabilité inter-annuelle.
Étape 2 : Collecter les données
La collecte est l'étape la plus chronophage : elle représente 60 à 70 % du temps total d'un premier bilan.
Sources internes à mobiliser :
- Énergie : factures gaz, électricité, fioul (DJU corrigés si besoin), relevés sous-compteurs
- Flotte : carnets de bord ou fichiers télématiques, litres carburant, km parcourus
- Achats : exports ERP/comptabilité, factures fournisseurs, données Scope 3 fournisseurs
- RH : données déplacements domicile-travail (enquête mobilité), notes de frais voyages
- Production : quantités matières premières, déchets produits et filières de traitement
Sources externes :
- Fournisseurs d'énergie : attestation mix électrique (garanties d'origine)
- Prestataires logistiques : données fret en tonne-km
- Fournisseurs stratégiques : leurs propres émissions Scope 3 (ou données sectorielles par défaut)
Formats courants : CSV/Excel (import direct), API ERP (SAP, Oracle, Sage), relevés PDF (OCR ou saisie manuelle). Kabaun supporte les imports CSV/Excel (GDD-001) et la collecte automatisée via API (AUT-001).
Délai réaliste : 4 à 8 semaines pour la collecte sur un premier bilan ETI. Prévoir un référent par département (DAF, DSI, logistique, RH) pour accélérer.
Ce qu'il faut éviter : collecter les données trop tard dans l'exercice, ce qui force à utiliser des données estimées sur 6 mois et des données réelles sur 6 mois : source d'incohérence.
Étape 3 : Appliquer les facteurs d'émission
Un facteur d'émission (FE) traduit une donnée d'activité (kWh, km, kg, €) en kg CO2e. Il dépend de la source, du pays et de l'année de référence.
Bases de données de référence :
- Base Carbone® ADEME : référence française, couvre énergie, transport, matériaux, services. Mise à jour régulière. Intégrée nativement dans Kabaun (API-003).
- DEFRA : référence britannique, très utilisée pour les émissions de flotte et de transport international.
- IPCC AR6 : pour les GWP (Global Warming Potential) des différents GES : méthane à 29,8 sur 100 ans.
- Exiobase / ADEME EORA : facteurs monétaires pour le Scope 3 amont quand les données physiques ne sont pas disponibles.
Règle de priorisation : données primaires fournisseur > données sectorielles physiques > données monétaires. Plus vous remontez vers les données primaires, plus le bilan est précis et auditables.
Calcul de base : Émissions (kg CO2e) = Donnée d'activité × Facteur d'émission
Exemple : un trajet Paris-Bordeaux en voiture diesel (580 km × 2 = 1 160 km AR) × 0,192 kg CO2e/km (FE ADEME véhicule particulier diesel moyen) = 222 kg CO2e.
Kabaun intègre les facteurs d'émission personnalisables (CBC-003) et gère leur versionning pour garantir la traçabilité inter-annuelle (GDD-005).
Étape 4 : Calculer et vérifier
Une fois les données collectées et les FE appliqués, la consolidation par Scope et par poste permet d'identifier les contributions relatives.
Vérifications qualité indispensables :
- Cohérence ordre de grandeur : comparer avec des benchmarks sectoriels (ex. : une ETI industrielle émet typiquement entre 5 000 et 50 000 tCO2e/an toutes activités confondues)
- Détection des doubles comptages : un achat de transport peut apparaître en Scope 3.4 (déplacements pros) ET en Scope 3.1 (achats de services) si la segmentation n'est pas propre
- Vérification des unités : kWh vs MWh, km vs miles, kg vs tonnes : erreur fréquente lors des imports
- Cohérence inter-annuelle si données N-1 disponibles : une variation de plus de 20 % sur un poste sans justification doit alerter
Vérification tierce : non obligatoire pour le BEGES standard, mais recommandée si l'entreprise publie ses résultats dans un rapport de durabilité CSRD ou s'engage sur des objectifs SBTi. ISO 14064-3 encadre la vérification par tierce partie.
Kabaun génère une piste d'audit inaltérable (CERT-003) et intègre un module d'analyse des incertitudes (CBC-005a) pour qualifier la fiabilité de chaque poste.
Étape 5 : Consolider et présenter les résultats
Le bilan carbone se présente en tonnes CO2e par Scope, par poste et par activité. Les formats de restitution courants :
- Rapport BEGES : format réglementaire ADEME, publié sur la plateforme nationale
- Rapport CSRD/ESRS E1 : données GES intégrées dans le rapport de durabilité, avec métriques d'intensité (tCO2e/€ de CA, tCO2e/employé)
- Tableau de bord interne : suivi mensuel ou trimestriel des postes prioritaires
- Rapport fournisseurs : synthèse partageable avec les partenaires de la chaîne de valeur
La restitution doit inclure : total par Scope, top 5 des postes émetteurs, comparaison avec l'année de référence si disponible, niveau d'incertitude par poste.
Étape 6 : Définir le plan d'action de réduction
Un bilan sans plan d'action n'a pas de valeur stratégique. Le plan de transition (terminologie Bilan Carbone® ADEME) doit :
Hiérarchiser les actions selon trois critères : potentiel de réduction (tCO2e), coût de la mesure (€/tCO2e), délai de mise en œuvre.
Exemples d'actions par poste :
- Énergie bâtiment : isolation, passage aux ENR, effacement tarifaire
- Flotte : électrification des véhicules <50 000 km/an, politique covoiturage
- Déplacements professionnels : politique voyages (seuil km train/avion), visioconférence systématique pour les réunions <4h de trajet
- Achats : clause carbone fournisseurs, critère CO2 dans les appels d'offres
- Production : optimisation process, récupération chaleur fatale
Alignement Paris : le plan doit être compatible avec une trajectoire 1,5°C. Les objectifs SBTi fournissent un cadre validé scientifiquement : réduction d'au moins 42 % des émissions Scopes 1+2+3 d'ici 2030 par rapport à une année de référence.
Pilotage : définir des indicateurs de suivi (kpi) annuels, un responsable par action, un budget alloué. Kabaun permet de suivre les objectifs de réduction en temps réel (RV-004) et de simuler des scénarios de décarbonation (IA-005).
Combien coûte un bilan carbone ? Les fourchettes réelles selon la taille
Le coût dépend de la taille de l'entreprise, de la complexité du périmètre et du mode de réalisation (interne, cabinet, plateforme).
Taille entreprise | Mode interne | Cabinet spécialisé | Plateforme SaaS
PME (<50 salariés) | 3 000-8 000 € (temps RH) | 5 000-15 000 € | 1 500-5 000 €/an
ETI (50-5 000 salariés) | 15 000-40 000 € | 20 000-80 000 € | 5 000-20 000 €/an
Grande entreprise (>5 000) | 50 000-150 000 € | 80 000-250 000 € | 15 000-50 000 €/an
Ces fourchettes incluent la collecte, le calcul, la restitution et le plan d'action. Elles excluent la vérification tierce (ajouter 5 000-20 000 € selon la complexité) et les actions de réduction elles-mêmes.
Variables qui font grimper le coût : périmètre Scope 3 complet, multi-sites internationaux, première édition (sans données N-1), exigence de vérification ISO 14064.
Variables qui font baisser le coût : données structurées et centralisées (ERP consolidé), équipe interne formée, périmètre limité à Scope 1+2 pour une première édition.
Délais typiques : combien de temps prend un bilan carbone ?
Un premier bilan carbone complet prend 3 à 6 mois pour une ETI. Voici le découpage réaliste :
Phase | Durée | Points de blocage courants
Cadrage et périmètre | 2-3 semaines | Décision sur le périmètre organisationnel, accès aux données
Collecte des données | 4-8 semaines | Disponibilité des données Scope 3 fournisseurs
Calcul et vérification | 2-3 semaines | Facteurs d'émission manquants, anomalies à corriger
Restitution et rapport | 1-2 semaines | Validation direction, mise en forme BEGES/CSRD
Plan d'action | 2-4 semaines | Priorisation, engagement budget
Total | 3-5 mois
Les bilans suivants (éditions N+1, N+2) prennent 4 à 8 semaines une fois le processus rodé et les données accessibles.
Ressources internes vs prestataire : quand faire appel à un expert ?
Critère | Interne | Cabinet conseil | Plateforme + interne
Budget | Temps RH (coût caché) | Élevé | Moyen, récurrent
Expertise | À former | Immédiate | Guidée (onboarding)
Délai premier bilan | Long | Court à moyen | Court
Comparabilité inter-annuelle | Risque turnover | Dépendance prestataire | Forte (données centralisées)
CSRD / audit externe | Risque | Fort | Fort si certifié
Recommandation pratique : faire appel à un cabinet pour le premier bilan (périmètre, méthode, première collecte) puis internaliser sur plateforme à partir du deuxième exercice. Cela combine expertise initiale et continuité opérationnelle.
Profil interne idéal : responsable RSE ou contrôleur de gestion avec formation ADEME Bilan Carbone® (5 jours, ~3 000 €) ou formation GHG Protocol Scope 3 (en ligne, gratuit).
Ce que dit la CSRD sur le bilan carbone (ESRS E1)
La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), applicable progressivement depuis janvier 2024, impose un reporting de durabilité selon les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards).
ESRS E1 : Changement climatique couvre directement le bilan carbone :
- E1-6 : Émissions brutes de GES Scopes 1, 2 et 3 en tCO2e, avec métriques d'intensité
- E1-4 : Objectifs de réduction GES alignés sur 1,5°C (SBTi ou équivalent)
- E1-3 : Actions et ressources allouées au plan de transition climatique
- E1-9 : Exposition financière aux risques physiques et de transition climatique
Matérialité double : la CSRD introduit la notion de double matérialité : l'entreprise doit évaluer à la fois l'impact de ses activités sur le climat (matérialité d'impact) ET l'exposition de ses activités aux risques climatiques (matérialité financière). Le bilan carbone nourrit les deux dimensions.
Assurance externe : le rapport CSRD doit être soumis à un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant (OTI). L'assurance modérée est requise dès la première année, l'assurance raisonnable à partir de 2028. Cela implique que les données du bilan carbone doivent être traçables et vérifiables.
Kabaun génère des rapports CSRD/ESRS E1 conformes (REG-002) avec piste d'audit inaltérable (CERT-003) : prêts pour l'assurance externe.
Les pièges fréquents à éviter
Périmètre trop restreint : n'inclure que le Scope 1+2 pour "simplifier" masque 70-80 % des émissions réelles. Tout rapport CSRD ou SBTi exige le Scope 3.
Double comptage : inclure le même flux dans deux postes différents (ex. : un déplacement professionnel en taxi compté en Scope 3.4 et dans les achats de services). Vérifier systématiquement les définitions de postes GHG Protocol.
Facteurs d'émission inadaptés : utiliser un FE générique "électricité européenne" au lieu du mix national, ou un FE de 2015 pour un calcul 2024. La Base Carbone ADEME est mise à jour régulièrement : vérifier le millésime.
Données estimées non documentées : estimer un poste sans mentionner la méthode d'estimation rend le bilan non auditable. Toute donnée estimée doit être qualifiée (source, hypothèse, niveau d'incertitude).
Absence de plan d'action : un bilan sans trajectoire de réduction est une obligation légale remplie sur le papier, pas un outil de pilotage. Le plan d'action est obligatoire dans le BEGES et structurant pour la CSRD.
Oublier la vérification tierce pour un bilan destiné à des investisseurs ou à un reporting CSRD : sans assurance externe, les données peuvent être contestées.
Qui peut réaliser un bilan carbone ?
Le bilan carbone d'une entreprise peut être piloté de trois manières : par un collaborateur formé en interne, par un cabinet de conseil spécialisé, ou via une solution technologique.
Face à l'exigence de transparence et à la récurrence des calculs, Excel montre ses limites : erreurs de formules, facteurs d'émission périmés, manque de collaboration. Une plateforme comme Kabaun transforme la mission du responsable RSE ou du consultant : elle automatise la collecte de données et permet de générer un reporting conforme en quelques clics. En passant du rapport figé au tableau de bord dynamique, vos équipes simulent des trajectoires de réduction concrètes plutôt que de passer du temps à saisir des données.
Quel plan d'action mettre en place pour réduire ses émissions ?
Afin de réduire ses émissions de CO2e, l'entreprise doit mettre en place un plan d'action (aussi appelé plan de transition dans le cadre du Bilan Carbone® ADEME) soutenu par la direction et les collaborateurs.
Le plan d'action repose sur le bilan carbone pour hiérarchiser les postes d'émissions. Cette approche optimise l'allocation des ressources en concentrant les efforts là où les réductions sont les plus significatives.
Ce plan doit être cohérent avec les objectifs de l'Accord de Paris : limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Les objectifs SBTi fournissent le cadre scientifique le plus reconnu.
Exemples d'actions :
- Mobilité : Plan de Mobilité Employeur (PDME), télétravail, politique voyages
- Énergie : régulation consommation, amélioration isolation, passage aux ENR
- Achats : clause carbone fournisseurs, critère CO2 dans les appels d'offres
Pourquoi utiliser une plateforme pour réaliser son bilan carbone entreprise ?
Aujourd'hui encore, la plupart des bilans carbone sont réalisés sur Excel, un outil qui présente des limites significatives : fichiers complexes et difficiles à maintenir, données non mises à jour automatiquement, collaboration laborieuse.
Une plateforme centralise les informations provenant de diverses sources internes (ERP, CRM), intègre des bases de données de facteurs d'émission à jour, et garantit des calculs précis et traçables. Elle génère des rapports détaillés pour la communication interne et externe, et permet de définir des trajectoires de réduction avec suivi de l'avancement.
Pourquoi choisir Kabaun pour réaliser son bilan carbone entreprise ?
Chez Kabaun, nous avons développé une Carbon Management Platform capable de gérer l'ensemble du processus de mesure de l'empreinte carbone des entreprises. De la collecte des données au suivi des trajectoires et du plan d'action, notre plateforme offre une solution complète pour piloter la décarbonation.
Notre technologie intègre l'intelligence artificielle (Klem) pour simplifier des tâches complexes comme la recherche de facteurs d'émission et la détection d'anomalies, tout en améliorant la précision des analyses. Grâce à notre API REST OpenAPI 3.0, notre plateforme s'intègre aux systèmes existants pour automatiser les flux de données et garantir un suivi en temps réel.
FAQ : Questions fréquentes sur la réalisation d'un bilan carbone
Quelle est la différence entre BEGES et bilan carbone ?
Le BEGES (Bilan d'Émissions de Gaz à Effet de Serre) est l'obligation réglementaire française instaurée par la loi Grenelle II. Le terme "bilan carbone" est plus large : il désigne toute démarche de quantification des émissions GES, qu'elle soit volontaire ou obligatoire, selon la méthode ADEME Bilan Carbone®, le GHG Protocol ou l'ISO 14064. En pratique, un BEGES est un bilan carbone réglementaire ; tous les bilans carbone ne sont pas des BEGES.
Combien de temps prend la réalisation d'un premier bilan carbone ?
Pour une ETI, un premier bilan carbone complet prend entre 3 et 6 mois : 4 à 8 semaines pour la collecte de données, 2 à 3 semaines pour le calcul et la vérification, 2 à 4 semaines pour la restitution et le plan d'action. Les bilans suivants se réalisent en 4 à 8 semaines une fois le processus rodé.
Le Scope 3 est-il obligatoire dans le bilan carbone ?
Depuis janvier 2023, le Scope 3 est obligatoire pour toutes les entreprises soumises au BEGES réglementaire (>500 salariés). Pour les entreprises soumises à la CSRD, ESRS E1-6 exige la publication des émissions Scopes 1, 2 et 3. Même hors obligation légale, le Scope 3 est indispensable pour un bilan représentatif : il représente en moyenne 70 à 80 % des émissions totales d'une entreprise de services.
Quelle est la différence entre les Scopes 1, 2 et 3 ?
Le Scope 1 regroupe les émissions directes de l'entreprise (combustion de carburant, procédés industriels). Le Scope 2 couvre les émissions indirectes liées à l'énergie achetée (électricité, vapeur, chaleur). Le Scope 3 englobe toutes les autres émissions indirectes de la chaîne de valeur : achats de biens et services, déplacements professionnels, fret, utilisation des produits vendus, fin de vie.
Combien coûte un bilan carbone pour une ETI ?
Pour une ETI (50 à 5 000 salariés), le coût d'un bilan carbone réalisé par un cabinet spécialisé se situe entre 20 000 et 80 000 €. Via une plateforme SaaS avec appui interne, la fourchette descend à 5 000-20 000 €/an. Ces coûts incluent la collecte, le calcul et le rapport ; la vérification tierce (ISO 14064) représente un surcoût de 5 000 à 20 000 € selon la complexité.
Doit-on faire vérifier son bilan carbone par un tiers ?
La vérification tierce n'est pas obligatoire pour le BEGES standard. Elle devient nécessaire pour les entreprises soumises à la CSRD (assurance modérée dès la première année, assurance raisonnable à partir de 2028), pour les engagements SBTi, et pour tout rapport destiné à des investisseurs institutionnels. La norme ISO 14064-3 encadre ce type de vérification.
Qu'est-ce que la double matérialité dans le contexte du bilan carbone ?
La double matérialité, introduite par la CSRD, exige d'évaluer deux dimensions : l'impact des activités de l'entreprise sur le climat (matérialité d'impact) ET l'exposition de l'entreprise aux risques climatiques physiques et de transition (matérialité financière). Le bilan carbone alimente la matérialité d'impact via les données GES ; l'analyse des risques climatiques (TCFD) alimente la matérialité financière.
Peut-on réaliser un bilan carbone sans consultant externe ?
Oui, à condition de disposer d'une formation adéquate (formation ADEME Bilan Carbone® ou GHG Protocol Scope 3) et d'un outil adapté. Une plateforme comme Kabaun guide le responsable RSE à travers chaque étape, de la collecte au rapport BEGES/CSRD. La plupart des ETI combinent un cabinet pour le premier bilan et une plateforme pour les exercices suivants.
Ressources complémentaires
- Base Carbone ADEME : [bilans-ges.ademe.fr](https://bilans-ges.ademe.fr)
- GHG Protocol : Corporate Standard : [ghgprotocol.org](https://ghgprotocol.org/corporate-standard)
- ESRS E1 : EFRAG : [efrag.org](https://www.efrag.org/en/projects/esrs-e1-climate-change)
- Plateforme BEGES réglementaire : [bilans-ges.ademe.fr](https://bilans-ges.ademe.fr)
Conclusion
Réaliser un bilan carbone en 2026, c'est suivre un processus en six étapes : périmètre, collecte, facteurs d'émission, calcul, restitution, plan d'action : qui transforme des données brutes en levier de pilotage concret. Entre le BEGES réglementaire, la CSRD et les exigences croissantes des investisseurs, les entreprises qui maîtrisent leur comptabilité carbone aujourd'hui prennent une longueur d'avance sur les années suivantes.
La prochaine étape concrète : identifier vos trois postes Scope 3 les plus émetteurs et vérifier que vos données de collecte les couvrent.
Kabaun vous accompagne dans votre bilan carbone → [kabaun.com/contact](https://kabaun.com/contact)



