Scope 3 : les émissions indispensables de votre bilan carbone.

Pour identifier leur impact sur le climat, les entreprises et les organisations doivent quantifier leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Si la comptabilisation des émissions directes (scope 1 et 2) est obligatoire pour une partie des entreprises et organisations en France, la comptabilisation des émissions indirectes (scope 3) est simplement recommandée par la loi.


Pourtant, pour ces entreprises et organisations, les émissions indirectes représentent très souvent, la vaste majorité des émissions de GES.


Définition des scopes d’émissions 1, 2 et 3 du bilan carbone.


Le scope 1 concerne en effet les émissions directes de GES de l’entreprise. Cette dernière en est directement responsable lors de la fabrication de son produit ou de la mise en place de son service.


Le scope 2 concerne les émissions à effet de serre liées à la consommation d’électricité, de chaleur ou encore de froid nécessaire au bon fonctionnement de l’entreprise.


Enfin, le troisième scope regroupe toutes les autres émissions de GES indirectes. Il s’agit donc d’un périmètre très large qui concerne l’ensemble des autres émissions liées à la chaîne de valeur de l’entreprise aussi bien en amont (achats, FRET) qu’en aval (livraisons, utilisation des produits, fin de vie des produits).


Quelles émissions font partie du scope 3 ?


L'ADEME défini le scope 3 comme les émissions qui "correspondent à l'ensemble des émissions dont les sources sont en dehors du périmètre organisationnel mais qui sont nécessaires à son activité." Ce scope intègre seize sous-catégories :

  1. Emissions liées à l'énergie non incluse dans les catégories 1 et 2

  2. Achats de produits et de services

  3. Immobilisation des biens

  4. Déchets

  5. Transport de marchandise amont

  6. Déplacements professionnels

  7. Actifs en leasing amont

  8. Investissements

  9. Transport des visiteurs et des clients

  10. Transport des marchandises aval

  11. Utilisation des produits vendus

  12. Fin de vie des produits vendus

  13. Franchise aval

  14. Leasing aval

  15. Déplacement domicile travail

  16. Autres émissions indirectes.

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Pourquoi les entreprises doivent s’intéresser au scope 3 ?


Le scope 3 est tout simplement le scope le plus stratégique d’un bilan carbone, et ce, pour plusieurs raisons :

  • Il regroupe d’abord très souvent l’essentiel des émissions d’une entreprise

  • Il intègre ensuite les postes les plus importants d’une entreprise comme les achats

  • Il permet notamment de mesurer la dépendance aux énergies fossiles de l’entreprise à travers, par exemple, la prise en compte des déplacements des collaborateurs, des clients ou des visiteurs.


S’intéresser au scope 3, c’est donc, au-delà des enjeux de précision dans la comptabilité carbone, souhaiter maîtriser les risques liés notamment aux raréfactions énergétiques : une hausse des cours du pétrole pourrait entraîner une baisse d’activité importante d’une entreprise excentrée et qui n’aurait pas pris de dispositions pour faciliter son accès, par exemple, à travers la mise en place d’un plan de mobilité.


S’intéresser au scope 3, c’est aussi devancer la réglementation. Etant donné ses enjeux stratégiques, finira par devenir obligatoire.


Exemple de l’importance du scope 3 pour une entreprise fictive "Bestairfood".


Prenons le cas de la société Bestairfood, société qui confectionne des plateaux repas servis dans les avions. Dans le bilan carbone scope 1 et 2 de cette société, nous trouvons dans les grandes lignes : les gaz frigorigènes qui permettent de garder au froid les aliments, le gaz qui permet de les cuire, l’électricité qui éclaire les locaux et le pétrole qui achemine les aliments jusque sur le tarmac.


La chaîne de livraison étant déjà optimisée, Bestairfood affiche un bilan carbone scope 1 et 2 plutôt faible. Pourtant, Bestairfood est l’exemple d’une entreprise fortement dépendante aux énergies fossiles pour qui les risques économiques liés à une raréfaction énergétique ou à l’instauration de lois environnementales plus contraignantes sont majeurs.


En effet, Bestairfood est totalement dépendante du kérozène consommé par les avions qui servent ses plateaux repas. Ne pas prendre en compte le scope 3, c’est ne pas prendre en compte cette donnée pourtant très stratégique. Par ailleurs, Bestairfood a l’habitude de servir du boeuf aux passagers, une viande rouge fortement émissive en raison notamment des éructations de méthane et de la déforestation nécessaire à l’alimentation importante des bêtes. Cette donnée aurait été pris en compte dans le poste 2 du scope 3 : “Achats de produits et de services”.


Finalement, si la société avait décidé de mesurer son scope 3, elle aurait compris la provenance de l’essentiel de ses émissions et aurait pu ensuite prendre des décisions fortes pour réduire de façon significative ses émissions de GES, par exemple en réduisant les portions de boeufs, en substituant du canard au boeuf ou en proposant davantage de plats végétariens.


Bestairfood aurait aussi pu décider de maîtriser ses risques économiques en se diversifiant afin de ne plus être totalement dépendante de l’approvisionnement en kérozène des avions dans lesquelles elle opère.


Oui, le scope 3 est essentiel pour mesurer et donc réduire son empreinte carbone.


Vous savez désormais pourquoi il est nécessaire de réaliser un bilan carbone sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’entreprise : mesurer les émissions du scope 3, c’est maîtriser ses risques. On passe du simple outil de reporting à l’outil stratégique dont chaque entreprise a besoin pour affronter le changement climatique.


Kabaun peut vous accompagner dans la construction de votre bilan carbone sur les scopes 1, 2 & 3.