Scope 3 : définition, 15 catégories et méthodes de mesure (2026)

Pour la plupart des entreprises, les émissions directes ne représentent que 20 à 30 % de leur empreinte carbone réelle. Le reste : entre 70 et 80 % : se cache dans la chaîne de valeur : achats, transport, utilisation des produits, fin de vie. C'est le Scope 3, et c'est là que se jouent les vraies décisions de décarbonation.

Cet article détaille les 15 catégories Scope 3 telles que définies par le GHG Protocol, les méthodes de mesure disponibles pour chacune, les exigences CSRD/ESRS E1, et comment prioriser les postes à fort impact.

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Sommaire

  • [Qu'est-ce que le Scope 3 ?](#definition)
  • [Scope 3 amont vs aval : la distinction fondamentale](#amont-aval)
  • [Les 15 catégories Scope 3 en détail](#15-categories)
  • [Tableau synthétique : catégorie, type, exemple, poids](#tableau)
  • [Méthodes de mesure par catégorie](#methodes)
  • [Scope 3 et CSRD / ESRS E1 : quelles obligations ?](#csrd)
  • [Hotspots Scope 3 par secteur](#hotspots)
  • [Comment prioriser vos catégories Scope 3](#prioriser)
  • [FAQ](#faq)
  • [Conclusion](#conclusion)

Qu'est-ce que le Scope 3 ? {#definition}

Le GHG Protocol définit le Scope 3 comme "toutes les autres émissions indirectes non incluses dans le Scope 2" qui surviennent dans la chaîne de valeur de l'entreprise : en amont et en aval.

Pour rappel, les trois scopes structurent le bilan carbone selon la proximité des émissions avec l'entreprise :

  • Scope 1 : émissions directes : combustion sur site, flotte de véhicules, procédés industriels, fuites de fluides frigorigènes.
  • Scope 2 : émissions indirectes liées à l'énergie : électricité, chaleur, froid achetés à l'extérieur.
  • Scope 3 : toutes les autres émissions indirectes : fournisseurs, transport, usage des produits, fin de vie, investissements.

Selon le GHG Protocol Corporate Value Chain Standard, le Scope 3 représente en moyenne 70 à 80 % des émissions totales d'une entreprise. Pour certains secteurs comme la finance ou le retail, ce chiffre dépasse 95 %.

La mesure du Scope 3 est donc indispensable pour obtenir une vision réelle de l'empreinte carbone et identifier les leviers d'action les plus significatifs.

Scope 3 amont vs aval : la distinction fondamentale {#amont-aval}

Le GHG Protocol divise les 15 catégories Scope 3 en deux groupes selon leur position dans la chaîne de valeur.

Scope 3 amont (catégories 1 à 8)

Les émissions amont (upstream) correspondent aux activités des fournisseurs et prestataires en amont de l'entreprise. Elles surviennent avant que le produit ou le service n'atteigne l'entreprise.

Exemples typiques :

  • L'acier acheté pour fabriquer une machine (catégorie 1 : achats de biens)
  • Le transport des matières premières depuis le fournisseur jusqu'à l'usine (catégorie 4 : transport amont)
  • Les déplacements en avion des commerciaux (catégorie 6 : déplacements professionnels)

Scope 3 aval (catégories 9 à 15)

Les émissions aval (downstream) surviennent après que l'entreprise ait vendu son produit ou service. Elles dépendent du comportement des clients et de la fin de vie des produits.

Exemples typiques :

  • L'électricité consommée par un appareil vendu pendant 10 ans (catégorie 11 : utilisation des produits)
  • La mise en décharge d'un emballage après utilisation (catégorie 12 : fin de vie des produits)
  • Les émissions des entreprises financées par un fonds d'investissement (catégorie 15 : investissements)

La distinction amont/aval détermine la stratégie d'action : l'amont se travaille avec les fournisseurs (audit, spécifications d'achat, contrats carbone), l'aval se travaille sur la conception du produit et l'accompagnement client.

Les 15 catégories Scope 3 en détail {#15-categories}

Catégories amont

Catégorie 1 : Achats de biens et services

La catégorie 1 couvre l'extraction, la production et le transport de tous les biens et services achetés par l'entreprise. C'est généralement la catégorie la plus volumineuse pour les industriels et les retailers.

*Exemple sectoriel :* Un constructeur automobile achète de l'acier, du plastique, de l'aluminium. L'empreinte carbone de ces matériaux représente souvent 60 à 70 % des émissions totales de l'entreprise.

*Méthode de mesure :* spend-based (dépense × facteur d'émission sectoriel) ou activity-based (volume × facteur d'émission matière).

Catégorie 2 : Immobilisations

Cette catégorie couvre les émissions liées à la production des biens d'équipement achetés : machines, équipements informatiques, bâtiments, infrastructures. Elle est souvent sous-estimée car les achats d'immobilisations sont moins fréquents.

*Exemple sectoriel :* Une banque qui rénove ses locaux ou achète des serveurs génère des émissions significatives en catégorie 2.

*Méthode de mesure :* spend-based ou activity-based sur la valeur des immobilisations.

Catégorie 3 : Émissions liées à l'énergie (hors Scopes 1 et 2)

Cette catégorie capte les émissions en amont de la production d'énergie consommée par l'entreprise : extraction du gaz naturel, transmission et distribution de l'électricité, production des combustibles. Elle évite le double comptage avec les Scopes 1 et 2.

*Exemple :* Les pertes en ligne lors du transport de l'électricité depuis la centrale jusqu'aux locaux de l'entreprise.

*Méthode de mesure :* calculée à partir des données de consommation Scope 1 et 2, via des facteurs d'émission amont publiés par les gestionnaires de réseau.

Catégorie 4 : Transport et distribution amont

Couvre le transport des achats depuis les fournisseurs jusqu'à l'entreprise, par tous modes : route, rail, maritime, aérien.

*Exemple sectoriel :* Un retailer qui importe des vêtements d'Asie du Sud-Est par conteneur maritime. Le fret maritime représente à lui seul une part significative du Scope 3 pour les marques de mode.

*Méthode de mesure :* activité (tonnes.km) × facteur d'émission par mode de transport (Base Carbone ADEME).

Catégorie 5 : Déchets générés par les opérations

Émissions liées au traitement des déchets produits par l'entreprise : mise en décharge, incinération, recyclage, compostage. La méthode et le lieu de traitement influencent fortement le résultat.

*Exemple :* Une usine agro-alimentaire qui produit des eaux de process traitées en station d'épuration. Les émissions de méthane en décharge comptent également ici.

*Méthode de mesure :* masse de déchet × facteur d'émission par type de déchet et mode de traitement.

Catégorie 6 : Déplacements professionnels

Vols d'affaires, trains, taxis, locations de voitures pour les déplacements des collaborateurs. C'est une catégorie souvent significative dans les entreprises de services avec des équipes commerciales ou de conseil.

*Exemple :* Une société de conseil dont les consultants prennent l'avion chaque semaine. Selon l'ADEME, un aller-retour Paris-New York en classe économique émet environ 1,8 tonne CO2e par passager.

*Méthode de mesure :* nuits d'hôtel + distances parcourues × facteurs d'émission par mode, via les notes de frais ou les outils de gestion de voyages.

Catégorie 7 : Déplacements domicile-travail

Émissions liées aux trajets quotidiens des salariés entre leur domicile et leur lieu de travail, par tous modes de transport.

*Exemple :* Une entreprise de 500 salariés en région parisienne dont 60 % viennent en voiture. Mettre en place un plan de mobilité durable peut réduire cette catégorie de 30 à 50 %.

*Méthode de mesure :* enquête collaborateurs (mode, distance, fréquence) × facteurs d'émission.

Catégorie 8 : Actifs en leasing amont

Émissions liées à l'exploitation des actifs que l'entreprise loue (en tant que locataire) : bâtiments, véhicules, équipements. Cette catégorie s'applique quand les émissions ne sont pas déjà couvertes par les Scopes 1 et 2.

*Exemple :* Une entreprise qui loue des bureaux non inclus dans son périmètre Scope 2 direct.

Catégories aval

Catégorie 9 : Transport et distribution aval

Transport des produits vendus depuis l'entreprise jusqu'aux clients ou distributeurs, incluant le stockage en entrepôt.

*Exemple sectoriel :* Un e-commerce dont la livraison "dernier kilomètre" représente une part croissante des émissions, notamment avec l'essor de la livraison express.

*Méthode de mesure :* volume livré × distance × facteur d'émission par mode.

Catégorie 10 : Transformation des produits vendus

Émissions liées à la transformation des produits intermédiaires vendus par l'entreprise lorsque les acheteurs les transforment avant usage final.

*Exemple :* Un producteur de farine vendue à des boulangers industriels. Les émissions de cuisson chez le client sont comptabilisées ici.

*Méthode de mesure :* estimation des procédés de transformation typiques chez les clients × facteurs d'émission.

Catégorie 11 : Utilisation des produits vendus

C'est souvent la catégorie la plus importante pour les fabricants de biens de consommation, d'appareils électroménagers, de véhicules ou de logiciels. Elle couvre les émissions générées pendant toute la durée de vie du produit.

*Exemple sectoriel :* Un constructeur d'ordinateurs portables. L'énergie consommée par ses appareils pendant 5 ans d'utilisation dépasse largement l'empreinte de fabrication. Pour l'industrie automobile, c'est le carburant consommé pendant la durée de vie du véhicule.

*Méthode de mesure :* unités vendues × consommation unitaire × durée de vie × facteur d'émission de l'énergie.

Catégorie 12 : Fin de vie des produits vendus

Traitement en fin de vie des produits vendus : mise en décharge, incinération, recyclage, réutilisation. Cette catégorie incite à concevoir des produits recyclables dès la phase de R&D.

*Exemple :* Un fabricant d'emballages plastiques. Même si l'emballage est recyclable, les émissions du transport et du retraitement sont comptabilisées ici.

*Méthode de mesure :* masse de produit × taux de chaque voie de fin de vie × facteur d'émission.

Catégorie 13 : Actifs en leasing aval

Émissions générées par les actifs que l'entreprise loue à des tiers (en tant que bailleur) : immeubles, équipements, flottes.

*Exemple :* Une société immobilière qui loue des bureaux à des entreprises locataires. Les émissions liées au chauffage et à la climatisation de ces locaux entrent ici.

Catégorie 14 : Franchises

Émissions générées par les franchisés dans l'exploitation de leur activité sous la marque du franchiseur.

*Exemple :* Une enseigne de restauration rapide en franchise. Les émissions des cuisines, de la chaîne du froid et des livraisons chez chaque franchisé sont comptabilisées ici par la tête de réseau.

Catégorie 15 : Investissements

La catégorie 15 est spécifique aux institutions financières (banques, assureurs, fonds d'investissement). Elle couvre les émissions des entreprises et projets financés, proportionnellement à la part de financement détenue.

*Exemple sectoriel :* Une banque qui finance des projets d'infrastructure pétrolière. Ces émissions représentent souvent plus de 99 % de l'empreinte carbone totale d'un établissement financier. Le cadre de référence est le Partnership for Carbon Accounting Financials (PCAF).

Tableau synthétique {#tableau}

# | Catégorie | Type | Exemple sectoriel | Poids typique

1 | Achats de biens et services | Amont | Matières premières chez un industriel | 40-70 %

2 | Immobilisations | Amont | Serveurs, machines, bâtiments | 2-10 %

3 | Énergie amont | Amont | Pertes réseau électrique | 1-5 %

4 | Transport amont | Amont | Fret maritime import | 3-15 %

5 | Déchets opérations | Amont | Déchets industriels | 1-3 %

6 | Déplacements pro | Amont | Vols d'affaires | 2-8 %

7 | Domicile-travail | Amont | Navetteurs en voiture | 1-5 %

8 | Leasing amont | Amont | Bureaux loués | Variable

9 | Transport aval | Aval | Livraison dernier km | 3-10 %

10 | Transformation aval | Aval | Cuisson chez le client | Variable

11 | Utilisation produits | Aval | Consommation électrique appareil | 20-60 %

12 | Fin de vie | Aval | Recyclage emballages | 1-5 %

13 | Leasing aval | Aval | Immeubles loués aux locataires | Variable

14 | Franchises | Aval | Restaurants en franchise | Variable

15 | Investissements | Aval | Portefeuille financé (banques) | Jusqu'à 99 %

*Source : GHG Protocol Corporate Value Chain Standard : les poids sont indicatifs et varient fortement selon le secteur.*

Méthodes de mesure par catégorie {#methodes}

Le GHG Protocol distingue quatre approches principales, utilisables seules ou combinées selon les données disponibles.

Méthode spend-based (basée sur les dépenses)

La plus accessible : on multiplie les achats en euros par un facteur d'émission économique (kgCO2e/€) issu de bases comme Exiobase ou Ecoinvent. Cette méthode convient pour les catégories 1 et 2 en premier niveau, ou quand les données physiques sont inaccessibles.

Avantage : ne nécessite que les données comptables, déjà disponibles.

Limite : précision modérée : deux fournisseurs du même secteur peuvent avoir des empreintes très différentes.

Méthode activity-based (basée sur l'activité physique)

On utilise des données physiques mesurées : tonnes de matériaux achetés, kilomètres parcourus, kWh consommés. C'est la méthode de référence pour les catégories 4, 5, 6, 7, 11, 12.

Avantage : précision nettement supérieure à la méthode spend-based.

Limite : nécessite de collecter des données opérationnelles auprès des départements achats, RH, logistique.

Méthode supplier-specific (données fournisseurs)

Le fournisseur communique directement ses propres émissions déclarées ou vérifiées (PCF : Product Carbon Footprint). C'est la méthode la plus précise pour la catégorie 1.

Avantage : reflète la réalité du fournisseur, prend en compte ses efforts de décarbonation.

Limite : dépend de la maturité carbone des fournisseurs et de leur volonté de partager les données.

Méthode hybride

Combine plusieurs approches : données supplier-specific pour les fournisseurs stratégiques, activity-based pour les postes mesurables, spend-based pour le reste. C'est l'approche recommandée pour un premier bilan complet.

Règle pratique : commencer par spend-based pour avoir une vue globale, puis basculer vers activity-based sur les catégories qui représentent plus de 10 % du Scope 3 total.

Scope 3 et CSRD / ESRS E1 : quelles obligations ? {#csrd}

La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) rend obligatoire la publication d'informations de durabilité pour les grandes entreprises européennes. En matière d'émissions, c'est la norme ESRS E1 : Changement climatique qui s'applique.

Calendrier d'application

  • 2024 (exercice 2024, rapport en 2025) : entreprises déjà soumises à la NFRD : environ 11 700 grandes entreprises européennes.
  • 2025 (exercice 2025, rapport en 2026) : toutes les grandes entreprises non financières (> 250 salariés, > 40 M€ CA ou > 20 M€ de bilan).
  • 2026 (exercice 2026, rapport en 2027) : PME cotées sur marchés réglementés.

Ce qu'exige ESRS E1 sur le Scope 3

L'ESRS E1 exige la publication des émissions Scope 1, 2 et 3. Sur le Scope 3, les exigences portent sur :

  • Identification des catégories matérielles : l'entreprise doit déterminer quelles catégories sont significatives pour son activité (analyse de matérialité).
  • Publication quantitative : pour chaque catégorie matérielle, les émissions en tonnes CO2e avec mention de la méthode utilisée.
  • Plan de transition : les entreprises qui publient un plan de décarbonation doivent couvrir le Scope 3 dans leurs objectifs.
  • Valeur absolue et intensité : ESRS E1 demande à la fois les émissions absolues et un indicateur d'intensité (CO2e/CA ou CO2e/produit).

Catégories systématiquement matérielles selon ESRS E1

ESRS E1 ne rend pas obligatoire la publication de toutes les catégories, mais exige une analyse de matérialité sérieuse. En pratique, les catégories 1 (achats), 6 (déplacements professionnels), 7 (domicile-travail) et 11 (utilisation des produits) sont quasi systématiquement matérielles pour les entreprises non financières.

Hotspots Scope 3 par secteur {#hotspots}

Chaque secteur a ses catégories Scope 3 dominantes. Les connaître permet de concentrer les efforts de collecte et d'action là où ils ont le plus d'impact.

Industrie lourde (chimie, sidérurgie, ciment)

Les achats de matières premières (cat. 1) et le transport amont (cat. 4) dominent. Le Scope 3 représente généralement 60 à 75 % des émissions totales. La décarbonation passe par la substitution des intrants (acier vert, ciment bas carbone) et l'optimisation logistique.

Retail et distribution

La catégorie 1 (marchandises achetées) et le transport aval (cat. 9) sont prépondérants. Pour les enseignes alimentaires, l'alimentation animale et la déforestation associée aux achats de viande et de soja sont les hotspots prioritaires.

Services financiers (banques, assureurs, fonds)

La catégorie 15 (investissements financés) représente plus de 95 % des émissions pour la plupart des établissements. Le reporting s'appuie sur le standard PCAF (Partnership for Carbon Accounting Financials) et la méthode NZBA pour les banques.

Services professionnels et conseil

Les déplacements professionnels (cat. 6), le domicile-travail (cat. 7) et les achats de services numériques (cat. 1) dominent. Le numérique représente une part croissante avec la montée en puissance des data centers.

Fabricants de biens de consommation

L'utilisation des produits (cat. 11) est souvent le hotspot principal : pensez aux appareils électroménagers, aux voitures thermiques ou aux équipements IT. La réduction passe par l'amélioration de l'efficacité énergétique des produits et la proposition de produits reconditionnés.

Comment prioriser vos catégories Scope 3 {#prioriser}

Face à 15 catégories, la tentation est de vouloir tout mesurer en même temps. Une approche par matérialité permet d'avancer efficacement.

Étape 1 : Screening préliminaire (spend-based)

Calculez une estimation rapide de toutes les catégories avec la méthode spend-based à partir de vos données comptables. Ce premier filtre identifie en quelques jours les catégories qui concentrent 80 % du Scope 3.

Étape 2 : Analyse de matérialité

Pour chaque catégorie, évaluez deux critères :

  • Poids en volume : quelle part du Scope 3 total représente-t-elle ?
  • Accès aux données : des données activity-based sont-elles accessibles (ERP, fournisseurs, RH) ?

Les catégories à fort poids et données accessibles passent en priorité 1 pour l'affinement par méthode activity-based.

Étape 3 : Engagement fournisseurs sur les catégories prioritaires

Pour la catégorie 1, l'engagement des fournisseurs stratégiques (top 20 en volume d'achat) permet de basculer progressivement de la méthode spend-based vers des données supplier-specific. C'est un levier à la fois de précision et de réduction.

Étape 4 : Plan de réduction par catégorie

Chaque catégorie matérielle doit disposer d'un objectif de réduction chiffré et d'un plan d'action opérationnel : modification des spécifications d'achat, politique de voyage, reconception produit, plan de mobilité.

FAQ : Questions fréquentes sur le Scope 3 {#faq}

Quelle différence entre catégorie 1 et catégorie 11 du Scope 3 ?

La catégorie 1 couvre les émissions générées pour *produire* les biens et services achetés par l'entreprise (amont fournisseur). La catégorie 11 couvre les émissions générées par *l'utilisation* des produits que l'entreprise a elle-même fabriqués et vendus (aval client). Pour un fabricant de lave-linge, cat. 1 = l'acier et les composants achetés ; cat. 11 = l'électricité que le lave-linge va consommer pendant 10 ans chez l'acheteur.

Le Scope 3 est-il obligatoire avec la CSRD ?

Oui. L'ESRS E1, norme de reporting climat obligatoire dans le cadre de la CSRD, exige la publication des émissions Scope 3 pour toutes les catégories identifiées comme matérielles. L'analyse de matérialité est obligatoire, et son résultat doit être documenté et justifié dans le rapport de durabilité.

Peut-on déduire les émissions Scope 3 de ses fournisseurs du sien ?

Non. Le GHG Protocol interdit la déduction ou la compensation entre scopes. Les efforts de décarbonation des fournisseurs réduisent les émissions de votre catégorie 1, mais uniquement via une mise à jour des facteurs d'émission utilisés, pas par soustraction directe.

Comment traiter le double comptage entre Scope 3 amont et aval ?

Le GHG Protocol a conçu les 15 catégories pour éviter le double comptage *au sein* d'une même entreprise. Mais entre deux entreprises (ex : votre cat. 1 = Scope 1/2 de votre fournisseur), le double comptage est normal et attendu au niveau macro. Ce n'est pas une erreur de méthodologie.

Quelle précision peut-on attendre d'un premier bilan Scope 3 ?

Un premier bilan en méthode spend-based a une marge d'incertitude de ±30 à 50 % selon les catégories. C'est acceptable pour identifier les hotspots et prioriser les actions. La précision s'améliore au fil des années avec l'enrichissement des données (activity-based, supplier-specific). L'objectif n'est pas la précision absolue dès la première année, mais la trajectoire de réduction.

Le Scope 3 catégorie 15 s'applique-t-il aux PME ?

La catégorie 15 est principalement applicable aux institutions financières (banques, fonds, assureurs). Une PME non financière n'a généralement pas à renseigner cette catégorie, sauf si elle détient des participations significatives dans d'autres entités.

Comment Kabaun aide-t-il à mesurer le Scope 3 ?

Kabaun intègre le moteur de calcul GHG Protocol (CBC-001/CBC-002) avec la Base Carbone ADEME pour les facteurs d'émission (API-003). La plateforme collecte les données via import CSV/Excel (GDD-001), saisie manuelle (GDD-002) ou connexion ERP/SI (API-002). L'assistant IA Klem (IA-004) guide la priorisation des catégories et détecte les anomalies de saisie (IA-003). Les rapports ESRS E1 sont générés automatiquement (REG-002).

Conclusion {#conclusion}

Le Scope 3 n'est pas une case à cocher dans un rapport de durabilité. Pour 70 à 80 % des entreprises, c'est là que se concentrent l'essentiel des émissions et les décisions qui feront vraiment bouger l'aiguille.

Les 15 catégories du GHG Protocol fournissent un cadre méthodologique précis. La CSRD et l'ESRS E1 en font désormais une obligation pour les grandes entreprises européennes. La priorité : identifier vos hotspots sectoriels, commencer par une estimation spend-based pour cadrer les ordres de grandeur, puis affiner les catégories matérielles avec des données physiques.

Kabaun calcule vos 15 catégories Scope 3 et génère vos rapports CSRD/ESRS E1 en conformité avec le GHG Protocol → [kabaun.com/contact](https://kabaun.com/contact)