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Bilan carbone et ACV : deux outils complémentaires pour la mesure d’impact.

Dernière mise à jour : 16 janv.

Le bilan carbone et l’ACV (Analyse du Cycle de Vie) se positionnent en tant que leviers incontournables pour évaluer l'empreinte environnemental des activités et des produits d’une entreprise. Ces outils vont au-delà de simples mesures en offrant la possibilité de mettre en œuvre des politiques de développement durable concrètes et impactantes. Ils constituent les piliers d'une approche proactive visant à quantifier et réduire de manière significative l'impact environnemental.


Ces 2 outils partagent une mission commune : fournir une vision exhaustive des répercussions environnementales, mais ils se distinguent par leurs méthodologies distinctes. Alors que le bilan carbone se concentre spécifiquement sur les émissions de gaz à effet de serre, l’ACV offre une perspective holistique, évaluant l'ensemble des impacts environnementaux tout au long du cycle de vie. 



Bilan carbone et analyse du cycle de vie : définitions.


Bilan carbone : définition et enjeux


Le bilan carbone est un outil de mesure et de quantification des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'une activité ou d'un produit. Il est né au début des années 2000, avec le développement de la méthode Bilan Carbone® par Jean-Marc Jancovici et l'ADEME. Le bilan carbone peut être réalisé pour une entreprise, un produit, un service ou un événement. Cette méthode a été popularisée par le Grenelle de l'environnement, qui l'a rendue obligatoire pour certaines structures. Le terme "bilan carbone" s'est tellement démocratisé qu'il fait désormais partie intégrante du langage courant.


Le bilan carbone permet d'évaluer l'empreinte carbone d'une entité, de déterminer les principales sources d'émissions, d'établir des plans d'action pour réduire ces émissions, et de suivre les progrès dans le temps.


Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont exprimées en tonnes d'équivalents dioxyde de carbone (eqCO2). Elles comprennent le dioxyde de carbone (CO2) ainsi que cinq autres gaz : le méthane (CH4), l'oxyde nitreux (N2O), les hydrofluorocarbures (HFC), les perfluorocarbures (PFC) et l'hexafluorure de soufre (SF6).


Les émissions de GES sont catégorisées en trois périmètres appelés scope 1, 2, 3 :

  • Le scope 1 concerne les émissions directes, c'est-à-dire celles qui sont émises par l'entité elle-même, par exemple la combustion de combustibles fossiles pour la production d'énergie ou les fuites de gaz lors de la production ou de l'utilisation de produits.

  • Le scope 2 concerne les émissions indirectes liées à l'énergie, par exemple l'électricité achetée par l'entreprise ou la consommation de carburant par les véhicules de ses salariés.

  • Le scope 3 concerne les autres émissions indirectes, par exemple les déplacements des salariés, les émissions liées aux biens et services achetés par l'entreprise ou les émissions liées à la gestion des déchets.


Il existe plusieurs méthodologies de calcul du bilan carbone. La méthode Bilan Carbone® est la plus utilisée en France. Elle est reconnue par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Deux autres méthodologies internationales existent : le GHG Protocol et la norme ISO 14069.


Analyse du cycle de vie (ACV) : définition et enjeux


L'ACV est une méthode d'évaluation normalisée (ISO 14040 et ISO 14044) permettant de réaliser un bilan environnemental multicritère et de quantifier les impacts environnementaux d'un produit, d'un service, d'une entreprise ou d'un procédé sur l'ensemble de son cycle de vie. Son but est de connaître et pouvoir comparer les impacts environnementaux d'un système tout au long de l'extraction des matières premières nécessaires à sa fabrication à son traitement en fin de vie ( recyclage…), en passant par ses phases d'usage, d'entretien et de transport.


Selon la norme ISO 14040, les étapes pour réaliser une ACV sont les suivantes :

  • La définition des objectifs et du champ de l'étude : Cette étape consiste à préciser les objectifs de l'analyse et le champ d'application, notamment pour quelles applications (éco-conception, comparaison ou déclaration environnementale).

  • L'analyse de l'inventaire des flux de matières : Il s'agit d'analyser les flux de matières entrants et sortants à toutes les étapes du cycle de vie du produit ou du service.

  • L'évaluation des impacts environnementaux : Cette étape vise à évaluer les impacts environnementaux potentiels associés aux flux de matières et d'énergie identifiés lors de l'analyse de l'inventaire.

  • L'interprétation des résultats en fonction des objectifs retenus : Cette dernière étape consiste à interpréter les résultats obtenus en fonction des objectifs définis initialement. Il s'agit d'une étape itérative avec les étapes précédentes.


L'ACV permet d'analyser l'empreinte environnementale, les impacts carbone, et est donc un outil très important dans la stratégie RSE d'une entreprise. Elle est également un outil d'aide à la décision en entreprise, permettant d'opérer une comparaison pertinente entre différents produits ou services, et de tendre peu à peu vers l'éco-conception.



Quelles sont les différences entre l’analyse du cycle de vie et le bilan carbone ?


Le bilan carbone consiste en une étude mono-critère : celui des émissions de gaz à effet de serre. De son côté, l’ACV évalue de nombreux impacts potentiels d’un produit sur l’environnement et la société, en fonction des flux physiques de matière et d’énergie qui lui sont associés.

Grâce à son critère unique d’évaluation, le bilan carbone est plus rapide à calculer et plus simple à interpréter. L’ACV entrant plus en profondeur, elle demande une étude plus longue et un travail plus conséquent sur l’interprétation des résultats.

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Quels sont les objectifs de ces deux outils ?


Bilan carbone et ACV permettent donc tous deux aux entreprises de mieux quantifier leur impact environnemental et climatique. Alors que l’économie et la société sont en pleine transition écologique, ces méthodes d’analyse répondent à plusieurs objectifs.


Diminuer ses émissions de gaz à effet de serre


Les GES ont pour conséquence de réchauffer l’atmosphère. Leur concentration dans l’air a fortement augmenté depuis les débuts de la période industrielle, ce qui accélère le changement climatique. Mesurer les émissions liées à ses activités permet, en premier lieu, de mettre en place une stratégie pour diminuer son empreinte carbone.


Obtenir une base chiffrée pour concevoir une politique de développement durable


Bilan carbone comme ACV délivrent des données précises sur les impacts sur l’environnement d’une activité. Ils peuvent servir de base pour mettre en œuvre une véritable politique de développement durable : intégration de valeurs éco-responsables dans la stratégie de l’entreprise, création d’un système de management environnemental ou mise en place d’actions ponctuelles pour l’environnement.


Se conformer aux réglementations et normes actuelles et futures


En France et en Europe, plusieurs réglementations exigent la réalisation d'une ACV ou d'un bilan carbone afin d'évaluer l'impact environnemental. À titre d'exemple, la directive européenne 2009/125/CE impose une ACV pour l'éco-conception de produits consommateurs d'énergie tels que les téléviseurs et les lave-vaisselle. En France, la loi Grenelle II oblige les entreprises à effectuer un Bilan d'émissions de gaz à effet de serre réglementaire (BEGES) pour évaluer leurs émissions.


Au niveau européen, la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), en vigueur depuis 2024, renforce les obligations de transparence des entreprises. Elle élargit le champ du reporting extra-financier à près de 50 000 entreprises européennes concernées. La CSRD impose notamment la réalisation d'un bilan carbone, en plus d'autres obligations de divulgation de données environnementales, sociales et de gouvernance (ESG).



Pourquoi l’analyse du cycle de vie et le bilan carbone sont-ils complémentaires ?


Obligatoire pour certaines entreprises mais réalisable par toutes celles qui le souhaitent, le bilan carbone reste le levier le plus simple à mettre en place dans le cadre d’une mesure d’impact écologique. Les données étant uniformisées en équivalent carbone, sa lecture est bien claire et permet d’entamer rapidement des actions de réduction des GES.


Les démarches à suivre doivent cependant être bien réfléchies, de manière à éviter les transferts d’impact. En effet, il est tout à fait possible de réduire le bilan carbone d’un produit tout en augmentant son impact environnemental dans un autre domaine que les gaz à effet de serre. L’analyse du cycle de vie apparaît alors comme un outil complémentaire pour obtenir une analyse plus détaillée des impacts environnementaux de ses produits et activités. Si elle demande plus de temps au niveau de l’interprétation des résultats, elle aide à prendre les bonnes décisions et à réduire globalement son empreinte sur la planète. De l’extraction des matériaux nécessaires à sa fabrication jusqu’à son traitement en fin de vie (recyclage, mise en décharge…), en passant sa production, son transport et son utilisation, tout produit ou service a un impact sur l’environnement.


L'analyse du cycle de vie et le bilan carbone aideront les entreprises à élaborer un plan d’action pour réduire la pollution, protéger les ressources naturelles et limiter le réchauffement climatique. Ces 2 outils sont complémentaires pour mener à bien une stratégie bas-carbone. Ils sont essentiels dans une époque ou la prise de conscience de l’urgence climatique est bien réelle.



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